Pendant la périménopause, les années de transition avant l'arrêt définitif des règles, beaucoup de femmes remarquent des changements de concentration, de mémoire ou d'organisation. On parle souvent de « brouillard mental ». La Menopause Society, une organisation professionnelle américaine, a publié un communiqué sur une nouvelle revue. Celle-ci se demande si deux médicaments du TDAH (trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité) pourraient aider. La réponse provisoire est nuancée. Les femmes se sentaient mieux organisées, mais les tests de mémoire et d'attention bougeaient peu.
Ce que l'équipe a fait
L'équipe de Jennifer Tat, de l'University of Tennessee Health Science Center, a mené une revue exploratoire. Elle a recensé de façon structurée les études déjà publiées, sans mener de nouvel essai. Elle a retenu les travaux sur deux médicaments : la lisdexamfétamine, un stimulant, et l'atomoxétine, un non-stimulant. Les études devaient porter sur des femmes de 45 à 60 ans dont les dernières règles dataient de moins de 10 ans. Les études sur les troubles du sommeil, la ménopause précoce ou chirurgicale, ou un antécédent de cancer étaient exclues. Le communiqué ne précise pas combien d'études ou de participantes ont été retenues.
Les résultats
Dans les études examinées, les femmes sous l'un ou l'autre médicament jugeaient leurs « fonctions exécutives » meilleures que celles qui prenaient un placebo, un comprimé sans principe actif. Les fonctions exécutives sont les capacités qui servent à planifier une tâche, à la démarrer et à la suivre. Les femmes les évaluaient elles-mêmes avec un questionnaire, l'échelle de Brown. Des images du cerveau, chez une partie des femmes sous lisdexamfétamine, allaient dans le même sens.
En revanche, les tests objectifs de mémoire de travail et d'attention soutenue montraient peu ou pas d'effet notable. La mémoire de travail sert à garder une information en tête quelques instants. Les femmes se sentaient donc plus à l'aise au quotidien, mais leurs performances mesurées changeaient peu. Ce sont deux résultats distincts.
Un lien possible avec les symptômes de TDAH
La revue a aussi examiné des études qui mesuraient les participantes à un seul moment. Les femmes ayant davantage de symptômes de TDAH y signalaient des symptômes de ménopause plus marqués. Il s'agit d'une association, pas d'une preuve de cause à effet. Les données sur l'effet d'un diagnostic formel de TDAH sur les plaintes physiques ou psychologiques restaient contradictoires.
Ce qui reste incertain
Ces résultats sont préliminaires. Ils ont été présentés au congrès annuel de la Menopause Society en octobre 2026. Le communiqué ne mentionne pas d'article publié dans une revue relue par des spécialistes indépendants. Les auteurs et la Society indiquent que des études plus grandes doivent vérifier la sécurité et l'efficacité avant toute recommandation. L'autrice principale suggère un bref dépistage des symptômes de TDAH pour orienter les femmes. C'est sa proposition, pas un résultat testé. Ces travaux ne justifient ni de commencer ni de modifier un traitement.