Certains enfants diagnostiqués avec un TDAH (trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité) gardent des symptômes à l'âge adulte, d'autres non. La vie quotidienne des adultes varie aussi beaucoup d'une personne à l'autre. Une étude relue par des pairs a testé si des modèles informatiques pouvaient prévoir cette évolution. Les modèles n'ont guère fait mieux que le hasard.
Ce que l'équipe a fait
Les chercheurs ont eu recours à l'apprentissage automatique : des programmes qui repèrent des régularités dans des données pour en tirer des prédictions. Les données provenaient d'une étude qui a suivi des participants pendant 18 ans. L'équipe a évalué 133 adultes de ce groupe, âgés d'environ 30 ans en moyenne, dont trois sur quatre étaient des hommes. Les modèles devaient prévoir deux choses : la persistance du TDAH à l'âge adulte et le fonctionnement au quotidien sur le long terme.
Ce qu'elle a trouvé
La précision se mesurait avec un score allant de 0,5 à 1. Un score de 0,5 équivaut à jouer à pile ou face ; 1 correspond à une prédiction parfaite. Pour la persistance du TDAH, le meilleur modèle n'atteignait que 0,58. Pour le fonctionnement quotidien, les modèles n'expliquaient presque aucune des différences entre les personnes. Les auteurs concluent que l'évolution du TDAH à long terme est complexe et difficile à prévoir.
Ce qui reste incertain
Le groupe était petit. Avec 133 personnes, les modèles disposent de peu de données pour apprendre ; une étude plus vaste pourrait obtenir de meilleurs résultats. La plupart des participants étaient des hommes, et les conclusions ne valent peut-être pas pour les femmes. Le résumé disponible ne détaille pas toutes les informations fournies aux modèles. L'étude montre que ces modèles précis n'ont pas su prédire l'évolution dans ce groupe. Elle ne prouve pas que cette évolution est imprévisible par nature, et ne dit rien de l'avenir d'une personne en particulier.