Les adultes avec un TDAH (trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité) doivent souvent composer avec bien plus que ce trouble. Ils peuvent avoir un autre diagnostic psychiatrique, un trouble des apprentissages, un problème de santé ou traverser une période difficile. Dans un billet publié sur Psychology Today, le psychologue Russell Ramsay estime que la thérapie du TDAH adulte doit en tenir compte. Il s'agit de son opinion de praticien, pas d'une nouvelle étude.
L'approche discutée
Ramsay parle de la thérapie cognitivo-comportementale, ou TCC. Cette psychothérapie travaille des compétences pratiques et des façons de penser peu utiles. Selon lui, c'est un traitement non médicamenteux appuyé par la recherche. Les programmes de TCC les plus connus pour adultes suivent un manuel. Ils comptent en général 12 à 14 séances, chacune avec des objectifs précis et des exercices à faire entre les séances.
Pourquoi de la souplesse
Ces manuels ont été évalués dans des essais randomisés, où le hasard décide qui reçoit quel traitement. Ramsay explique que ces essais recrutaient souvent des personnes sans autre diagnostic que le TDAH. Ce choix permet de vérifier que la thérapie agit sur le TDAH lui-même. Mais les patients réels arrivent avec d'autres difficultés et événements de vie, comme s'occuper d'un parent âgé, divorcer ou changer de poste. Même un mariage ou une promotion peut être source de stress, souligne-t-il. Il invite donc les thérapeutes à garder les compétences essentielles du manuel tout en adaptant leur présentation. Il parle de « rigueur souple ».
Les travaux cités
Ramsay s'appuie sur une méta-analyse de López-Pinar et ses collègues, parue en 2026 dans Behaviour Research and Therapy. Une méta-analyse regroupe les résultats de nombreuses études. D'après son résumé, la TCC améliorait le fonctionnement quotidien global des adultes avec TDAH, au-delà des seuls symptômes. Les gains les plus nets concernaient le travail. Les effets sur la vie sociale, les études et la qualité de vie étaient plus modestes et moins réguliers. Ramsay note aussi que peu de cliniciens sont formés au TDAH adulte. Il cite une étude de 2024 où certains adultes décrivaient une mauvaise expérience de la TCC, qu'il attribue à une application trop rigide.
Compromis et limites
Adapter la thérapie suppose un thérapeute qui connaît bien le TDAH, ce qui n'est pas toujours facile à trouver. Une approche personnalisée se compare aussi moins facilement d'une étude à l'autre qu'un manuel fixe. Ramsay reconnaît lui-même que des recherches futures pourraient tester des TCC centrées sur des domaines précis de la vie. Les résultats de la méta-analyse sont des moyennes de groupe : ils ne disent pas comment une personne donnée réagira. Ce billet reflète l'avis d'un expert et une sélection d'études. Il peut ne pas convenir à tout le monde et ne remplace pas l'avis de l'équipe soignante.